Dernières nouvelles - Mars 2026

1996 – 2026 : l’ASSF fête son trentième anniversaire !

2026 n’est pas seulement une année historique en raison de l’inauguration du four à chaux et des conciergeries que nous espérons vous annoncer bientôt ; mais aussi parce qu’elle coïncide avec le 30ème anniversaire de notre association.

En février 1996, Jean-Pierre Besse, historien local de notre département et notre premier président, et Jean-Pierre Bricout, descendant de la famille propriétaire, ont décidé de démarrer une formidable aventure humaine pour sauvegarder un site industriel d’exception, à une époque ou le patrimoine industriel était encore considéré comme un patrimoine de second plan. 3 ans plus tard, ils ont réussi leur premier objectif en faisant de Francières la seule sucrerie de France inscrite à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques. Et 30 ans plus tard, l’ASSF compte désormais plus de 500 membres dont 90 membres actifs cotisants, et a non seulement rénové une bonne partie de la sucrerie, mais est aussi devenue une référence en France et même au-delà des frontières sur l’histoire de l’industrie sucrière.

L’ASSF tient à remercier chacun de ses membres pour leur soutien sans faille au cours de ses trois dernières décennies. Sous l’impulsion de nos présidents, particulièrement le regretté Michel Varoqueaux, mais également André Lanthiez, Anne Baleix et désormais Isabelle Bricout, nos bénévoles ont fait revivre cette sucrerie et le patrimoine dont elle est témoin. Nous pensons ici à notre archiviste infatigable Joël Hiquebrant, à Jean-Pierre Bourdier qui a donné l’impulsion à notre Inventaire, à Alain Samadet, Jean et Jean-Yves Waret qui témoignent sur la sucrerie aux Journées du Patrimoine, à Gaston Bricout qui a donné une nouvelle visibilité à l’association grâce au nouveau site Internet, et à nos regrettés restaurateurs et donateurs, particulièrement Bernard Besson, Pierre Lerible ou Jean Clériot.

Pour célébrer cet anniversaire, nous avons ajouté une nouvelle section à l’Historique de notre association, couvrant les années depuis l’ouverture du site Internet en 2019. Vous pouvez le lire en cliquant ici !

Au moment où l’avenir de notre Sucrerie est en train de s’écrire, l’ASSF espère célébrer cet anniversaire avec vous tout au long de cette année. Et d’ailleurs, nous avons un premier évènement pour démarrer cette année festive :

 

Concert à la Sucrerie de Francières
ORCHESTRE A CORDES COL’LEGNO
Dimanche 29 mars, 17h

La Sucrerie de Francières reçoit l’orchestre à cordes compiégnois Col’Legno le dimanche 29 mars à 17h !

Créé en 1991 par le trompettiste Alain Rémy et actuellement dirigé par Thomas Forget, Col’legno est un orchestre à géométrie variable, allant de l’orchestre de chambre à l’orchestre symphonique. Il est composé d’élèves du conservatoire du cycle supérieur et de musiciens amateurs de la région, encadrés par des musiciens professionnels. Il se produit régulièrement dans la région de Compiègne, mais a également donné un certain nombre de concerts à Paris et à l’étranger.

A Francières, l’orchestre interprétera Mozart, Tchaïkovski et Vivaldi.

Tarif 15€, gratuit pour les moins de 12 ans.
Billets en vente sur place le jour du concert. LA SUCRERIE N’ACCEPTE PAS LA CARTE BANCAIRE.
Durée : 1h.

La Sucrerie franchit la frontière
Nouvelle coopération avec la Sucrerie d’Oldisleben (Thuringe) !

Il y a des histoires qui s’écrivent parfois au détour d’un virage… et dans le cas de cette nouvelle collaboration, c’est littéralement ce qu’il s’est passé !
La Sucrerie de Francières a trouvé par un heureux hasard une sœur allemande : la Sucrerie d’Oldisleben !

Comment nous nous sommes « rencontrés »
A la fin du mois d’août 2025, notre membre et web designer germanophone Gaston Bricout se trouvait en Allemagne, entre la Thuringe et la Saxe (où se trouve notamment Chemnitz, grande ville industrielle et Capitale européenne de la Culture 2025). Après avoir visité la sombre forêt thuringienne, il décide de faire un grand détour pour visiter le Panorama du Kyffhäuser, à 60km au nord d’Erfurt, la capitale.
Pour éviter des travaux sur l’autoroute, notre voyageur passe dans le village d’Oldisleben. Alors qu’il quitte le village, il aperçoit une banderole sur le portail d’une usine sur sa droite et s’arrête net, ébahi : 
« SUCRERIE D’OLDISLEBEN / CONSTRUITE EN 1872 – EN ACTIVITE JUSQU’EN 1990 / MONUMENT TECHNIQUE »
 
Une sucrerie historique ? Considérée comme monument technique à l’échelle du Land (région) ? Ouverte au public le jour suivant ? La coïncidence est trop forte, il faut agir : Gaston décide de chambouler son emploi du temps et se rend à nouveau à Oldisleben le lendemain.

Comme la Sucrerie de Francières, la Sucrerie d’Oldisleben est gérée par une association (Förderverein), doublée d’une fondation (Stiftung). Uwe Altsohn (danke schön !), bénévole, fait visiter l’usine à Gaston.  Le site est tout aussi exceptionnel que Francières, mais pour une autre raison qui justifie à elle seule le titre de « monument technique » décerné à la sucrerie par la RDA, puis par l’Etat libre de Thuringe : toutes les machines, datant de la première moitié du XXe siècle (plus une machine à vapeur à balancier de 1882 sur la photo historique ci-contre) ont été conservées et sont encore en état de fonctionnement ! Sur le plan sucrier, Oldisleben est éblouissante : elle possède la dernière diffusion à vases entière en Europe, le même type qu’à Francières, ainsi qu’un four à chaux à double cône belge situé à l’intérieur de l’usine, élément unique en Europe et rare à l’échelle de l’industrie sucrière.

L’Association pour la Sauvegarde de la Sucrerie de Francières se réjouit d’avoir établi ce contact avec la Förderverein Kulturgut Zuckerfabrik Oldisleben e.V., et nous espérons continuer cette collaboration franco-allemande dans les années à venir. Nous remercions la Förderverein d’avoir invité l’ASSF à présenter Francières lors de leur assemblée générale ce mois-ci. Et l’ancrage européen de notre sucrerie, qui était déjà précoce grâce à nos contacts avec le chercheur italien Ugo Garutti dans les années 2000, va encore s’intensifier (voir ci-dessous !).

Images de l’intérieur de la Sucrerie d’Oldisleben.
Crédits : Förderverein Kulturgut Zuckerfabrik Oldisleben e.V.

Brève histoire de la Sucrerie d’Oldisleben

Oldisleben se situe au cœur de la principale région betteravière d’Allemagne, un quadrilatère entre Hanovre, Magdebourg, Cassel et Leipzig, dans les trois Länder de Basse-Saxe, de Saxe-Anhalt et de Thuringe, la sucrerie se trouvant à l’extrême-nord de cette dernière dans le Kreis (« canton ») de Kyffhäuser.

Une première sucrerie de taille très modeste ouvre en 1835, traitant quelques tonnes de betteraves par jour. La sucrerie actuelle est construite en 1872 par une coopérative (Genossenschaft) et commence son activité l’année suivante. A ses débuts, elle ne produit que du sucre brut non raffiné. Elle devient très vite l’une des usines les plus modernes et performantes de l’Empire allemand, traitant 40 000 tonnes de betteraves lors de la campagne de 1890. La coopérative est transformée en SARL (GmbH) en 1892, et l’usine s’agrandit plusieurs fois. Le four à chaux est construit en 1898. Pendant les années 1900, une entreprise de la ville voisine de Sangerhausen construit plusieurs machines sucrières dont la diffusion à vases.

Pendant la Première Guerre Mondiale, l’usine d’Oldisleben continue de tourner et commence son électrification. En 1920, les actionnaires décident de passer de la production de sucre brut à celle de sucre blanc. En 1936, la sucrerie modernise son procédé de traitement des cossettes. Pendant la Seconde Guerre Mondiale, l’usine continue de tourner grâce à des prisonniers de guerres et des travailleurs forcés. Malgré l’arrivée en 1945 des troupes américaines, puis soviétiques, les dégâts de l’usine sont mineurs.

Quinze usines sucrières sont démantelées par les Soviétiques comme réparations de guerre, mais Oldisleben, trop ancienne, est épargnée, et reprend la production en 1945. En 1948, la SARL est dissoute et Oldisleben passe dans le giron d’une entreprise d’Etat de la RDA (VEB – Volkseigener Betrieb), basée à Halle-sur-Saale en Saxe-Anhalt. Pendant toute la période de la RDA, la sucrerie est obligée de limiter sa production de sucre en raison de la faiblesse de l’économie est-allemande, et ses machines ne sont pas modernisées : malgré elle, elle devient un « musée vivant » pour les travailleurs. Dans les années 1950, Karl Nowitzki devient directeur de l’usine et se rend compte de son intérêt patrimonial : il jouera un rôle déterminant pour sa sauvegarde trente ans plus tard.

En 1989, la sucrerie d’Oldisleben est inscrite sur la liste des monuments protégés du district d’Artern, un privilège pour une entreprise de la RDA encore en activité. Le film Die letzte Kampagne (« La dernière campagne ») est tourné cette année-là, offrant un témoignage inestimable de la fabrication du sucre dans une sucrerie au XXème siècle. Le 30 juin 1991, peu après la réunification de l’Allemagne, la sucrerie ferme ses portes après 119 ans de fonctionnement.

En septembre 1991, l’usine fermée est rachetée par l’entreprise Südzucker. Si celle-ci démolit plusieurs bâtiments au cours des vingt années suivantes, elle préserve les bâtiments principaux, ce qui explique pourquoi Oldisleben a pu conserver toutes ses machines historiques. En 2021, Südzucker crée une fondation (Stiftung) pour préserver la sucrerie et ses machines, et en 2022, une association (Förderverein) est créée pour ouvrir l’usine au public.

La Sucrerie d’Oldisleben est ouverte tous les week-ends d’avril à octobre, de préférence sur réservation. La visite se fait en allemand, mais sur demande, une visite en anglais peut être possible.
La sucrerie se situe à 50km d’Erfurt, 125km de Leipzig, 300km de Francfort, 800km de Francières et d’Amiens, et 900km de Paris.

Photos de la Sucrerie d’Oldisleben (GB)

La Sucrerie de Francières rejoint la REPI (ERIH), la Route Européenne du Patrimoine Industriel

Pour terminer ces dernières nouvelles très chargées, l’ASSF annonce que la Sucrerie de Francières est à nouveau membre du CILAC, mais est aussi désormais membre de la REPI (ERIH), la Route Européenne du Patrimoine Industriel !

Certifiée Itinéraire culturel du Conseil de l’Europe et soutenue par l’Union européenne, ERIH est le premier réseau d’information de tourisme pour le patrimoine industriel en Europe. En un sens, leur objectif de valorisation du patrimoine industriel est similaire à celui de nos amis du CILAC (Comité d’information et de liaison pour l’archéologie, l’étude et la mise en valeur du patrimoine industriel), mais ERIH se focalise plus sur l’aspect touristique. Gérée par une association d’environ 350 membres dans 27 pays, ERIH présente près de 2500 sites industriels répartis dans 16 routes thématiques. Certains membres sont qualifiés de points d’ancrage, des sites industriels exceptionnels au niveau européen : à Francières, le point d’ancrage le plus proche est le Familistère de Guise (Aisne). La Sucrerie d’Oldisleben, présentée précédemment, est également membre d’ERIH.

En rejoignant ERIH, Francières confirme son statut de référence du patrimoine industriel français et de l’histoire sucrière européenne.

Découvrez les autres membres d’ERIH en France sur la carte ci-dessous ! Les sites orange sont les points d’ancrage et sont listés en haut à gauche. Les sites gris sont les membres et sont listés en haut à droite.
Découvrez la page de la Sucrerie de Francières sur le site d’ERIH !
Découvrez les sites d’ERIH en France et en Europe !