La Sucrerie de Bresles

Historique

Fut fondée en 1836 sous le nom DELACOUR et Cie au lieu-dit “Le Calvaire” ou “Les Briquetteries” à la sortie nord du village après une enquête “commodo et incommodo” menée du 27 juillet au 28 août pour une machine à vapeur de cinq atmosphères après une ordonnance royale d’autorisation datée du 11 octobre 1836. En fait ne fonctionna qu’en 1837, année où elle produisit 40 000 kg de sucre avec l’espérance d’une production l’année suivante, de 100 000 kg de betteraves cultivées sur les communes de Bresles, Bailleul, Laversines et La Rue-Saint-Pierre.

Cette culture employait environ cent hectares, soit jachères, soit colza et blés gelés. Soixante femmes et enfants étaient employés à la culture pendant l’été et quarante ouvriers à la fabrique pendant l’hiver ; indépendamment des voituriers, chaudronniers et vanniers du pays, employés extérieurement.

Le matériel étant devenu insuffisant, on procéda à une demande d’installation d’un deuxième générateur le trois janvier 1840.

L’année 1853 fut marquée par un grave accident. Suite au débordement d’une cuve, neuf ouvriers moururent ébouillantés dont trois jeunes filles de 14, 19 et 21 ans Se trouvant à l’étroit, le conseil d’administration fonda des annexes de râperies dans des centre agricoles. (Probablement après 1867). C’est ainsi que furent successivement fondées les annexes de Fouquerolles, Bois St Martin et Froissy. Toutes trois reliées à l’usine mère par des lignes téléphoniques et télégraphiques. Une canalisation envoyait même le jus à Bresles depuis la râperie de Fouquerolles.
L’annuaire sucrier de 1877 la signale sous l’appellation MERCIER et Cie dotée de râperies.

Pour la salubrité du village et pour permettre l’évacuation vers le marais des eaux résiduelles, la municipalité fit commencer le 29 mars 1874, une canalisation le long des rues du Calvaire, Goupillère et de l’Herbier, venant aboutir à un large fossé longeant le chemin de grande communication n° 125.
En 1887, en vue de livrer directement au consommateur un sucre qui n’était que turbiné, le C.A. décida pour le finir, de construire face à l’usine, une raffinerie, pour lui servir de complément. Montée pour une production journalière de 40 tonnes, cette vaste construction recevait le sucre brut et le rendait après diverses opérations scié et cassé en morceaux, prêt pour la livraison. Id. en 1951.

Dans une note rédigée par Monsieur DUMERU, sont cités des directeurs “aussi intelligents que dévoués” : Messieurs HATTE et FIEVET.
Nous sommes dans la période entre deux guerres.

Mais les produits de la sucrerie ne suffisent bientôt plus aux besoins de la raffinerie. Celle-ci, après s’être assurée de l’envoi par d’autres usines à sucre seulement turbiné, fait construire un immense bâtiment servant de magasin et relié par voie de fer, d’un côté à la gare dont il est voisin et de l’autre à la raffinerie. Les deux établissements, ainsi que leurs dépendances, sont éclairés à l’électricité.

Le 15 novembre 1912, un incendie de cause inconnue, se déclara dans l’un des magasins à sucre de la raffinerie. Une grande quantité de boites à sucre en carton fut détruite, mais le batiment préservé.

A partir de 1913, la raison sociale devient : “S.A. des Sucreries et Raffinerie de Bresles” ce qu’elle restera jusqu’à la fin. Le 04 octobre 1916 vers 17 heures, une explosion épouvantable eut lieu au dépot de munitions de Bailleul sur Thérain, situé à 4 ou 5 km. 232 maisons de Bresles voient voler en éclats, couvertures, vitres, portes, plafonds et même murs. Plus de la moitié des croisées de la sucrerie sont anéanties.
Début 1918, alors que les avions allemands commencent leurs randonnées nocturnes, un dépot de munitions est installé dans la cour de la gare, faisant naitre l’émoi parmi la population. Heureusement, le 21 avril, il est déplacé le long de la route de Fouquerolles. En 1930, Monsieur Philippe LANVIN est nommé directeur. La capacité de production est alors de 600 tonnes par jour. Des râperies, annexes de l’usine, fonctionnent toujours à Abbeville Saint Lucien et Fouquerolles. La production de 1928/1929 fut de 54 000 sacs.

En 1939 Philippe LANVIN est toujours administrateur directeur. La capacité est alors de 800 tonnes par jour. Les râperies sont les mêmes + raffinerie et distillerie annexes. La production de 1937/1938 fut de 62 700 sacs de sucre et 3 297 hectolitres d’alcool. La production de 1949/1950 fut de 77 000 quintaux et 4 152 tonnes de mélasse.

Sources : Annuaires sucriers, archives départementales de l’Oise (MP 3713) et notes fournies par Monsieur DEMERU, ancien maire. Remerciements.

Quelques vues prises en 1952 (Collection Sylvère Thomas)