La Sucrerie de Crèvecœur-le-Grand

Historique

Une histoire du village signée Louis Hubert et datant de 1870 y fait allusion :

“Enfin, au moment où nous écrivons ces lignes, une fabrique de sucre se monte à Crèvecoeur. Elle est destinée à faire en 100 jours de travail, 7000 à 8000 sacs en râpant de 12 à 14 millions de kilogrammes de betteraves. Elle doit occuper entièrement 200 ouvriers. De cette façon, l’immigration sensible qu’on remarquait depuis quelques temps, va peut-être cesser.

En outre, les agriculteurs en profiteront sur une grande échelle. Indépendamment du peu de transports qu’ils auront à effectuer pour amener leurs betteraves, ils trouveront sous la main la pulpe et les engrais de la fabrique. Cet établissement est fondé par Messieurs Massignon et Dufour.
Nous souhaitons que le site soit un puissant dérivatif à beaucoup de souffrances”.

L’autorisation préfectorale du 27 mai 1871 précise qu’à la fabrique de sucre sera établi un four à chaux, un atelier de revivification de noir animal et une usine à gaz pour l’éclairage de l’usine. L’activité de la sucrerie cesse en 1910, et après avoir été déclarée comme trop éloignée des principaux centres de culture, par rapport aux autres sucreries du département. L’établissement est alors repris par Robart, qui convertit les bâtiments en usine d’instruments aratoires pour l’agriculture. A partir de 1947, les bâtiments sont rachetés par Clovis Petit.

Machines : la sucrerie était équipée en 1874 de quatre générateurs à vapeur Cail et Cie, ainsi que d’un four à chaux clos et de trois monte-jus d’une contenance de 15 à 25 HL. Dès l’installation, le site fonctionne avec six machines à vapeur de différentes puissances : une machine de vingt chevaux pour le service du puits et des turbines, une machine de huit chevaux pour le vide de l’appareil à cuire, une autre de seize chevaux pour l’appareil à vapeur, une autre encore de seize chevaux pour le service du gaz carbonique, une de quatre chevaux pour les générateurs et enfin, la plus importante, d’une puissance de trente chevaux, pour le râpage des betteraves.

Source : Picardia. Service régional de l’inventaire. MM Fournier et Dufournier.

Le site est toujours occupé par la scierie S.A. PETIT (l’entreprise date de 1923). De nombreux bâtiments subsistent (bureaux, ateliers, maison de maître).

La cheminée est-elle d’origine ? Elle apparaît plus grêle que sur les cartes postales anciennes. Les écuries et bouveries ont été transformées depuis en logements pour ouvriers. Le four à chaux a disparu.

Photographies

Vues prises en 2007 avec l’aimable autorisation de Monsieur Puech, directeur. Avec nos remerciements.

Maison de maître et bureaux vus depuis la route, puis côté cour. Différents bâtiments, détails architecturaux et enfin, logements d’ouvriers. 
Clichés Joël Hiquebrant.