Les Sucreries de Ribécourt

Entr. Lefèvre – Poulain – Courboin Frères – Pierrot – Labbé – Radot et Cie (Sucrerie et potasserie). Société anonyme d’exploitation commerciale et industrielle.
S.A.« La sucrerie agricole ».

Notion de deux établissements.
Le premier créé le 03 11 1852 par Alfred Poulin entre la rue de la Gare et le chemin de Pimprez, le deuxième rue Séverine en 1865.
A partir de 1899, un seul en fonction. Détruit en 14/18 et reconstruit en 1927/1928.

Article rédigé sur la deuxième sucrerie par Hélène Frichet-Colzy

“Le site de Ribécourt -Dreslincourt fut d’abord occupé par une usine de produits chimiques, fondée en 1865 par Fleuriet et Mohr. L’établissement produisait de l’acide sulfurique et muriatique, du sulfate de soude, du chlorure de sodium et du phosphate de chaux. L’activité fut poursuivie par Salignat et Cie entre 1869 et 1885, période durant laquelle les logements ouvriers furent édifiés. Ce n’est qu’en 1886 que l’usine fut reconvertie en sucrerie et prit pour raison sociale Radot et Cie, avant de devenir, vers 1893, la S.A. Sucrerie agricole de Ribécourt. En 1902, elle appartenait à Léon Labbé, qui la vendit en 1911 à la société Wittouck. C’est à cette date qu’elle prit le nom de sucrerie de Ribécourt.

Au cours de la première guerre mondiale, plusieurs bâtiments furent endommagés, comme le grand atelier central. Ce dernier fut reconstruit entre 1924 et 1928, grâce aux indemnités de dommages de guerre et l’apport du financier Zlatopolski, qui racheta la sucrerie à cette époque. Par la suite, le site connut une nouvelle vocation en devenant, dans les années soixante, une usine d’engrais dénommée S.E.C.O. (Société des engrais chimiques et organiques). Celle-ci constituant l’une des principales usines de la région Picardie dans ce secteur. De cette dernière période datent les extensions importantes pour les bâtiments de fabrication au nord, et ceux destinés au stockage au sud.”

1997. Picardia. Service de l’inventaire.

Documents d'origine A.D.O. (Ribécourt MP 2538)

Première chemise : 1852/1853 Poulain (demeurant à Noyon) – fabrique de sucre – un plan.

Autorisation d’utiliser trois chaudières de 14,335 M3 et une machine à vapeur de douze chevaux pour la mise en mouvement des râpes, des presses et des pompes. Puissance de 5 atmosphères.
On apprend que M. Poulain vient d’établir une fabrique de sucre à Ribécourt. La demande au sous-préfet est datée du premier avril 1852. L’établissement est situé aux « Champs Saint Jacques » près le chemin de Pimprez sur un terrain acquis de M. Lalouette. Le plan est difficile à reproduire, à cause de sa taille et de la pâleur de son trait. La fabrique se trouve à l’angle de la R.N. de Noyon à Compiègne et de la route de grande communication n°40 Ribécourt / Attichy sur laquelle débouche le chemin conduisant à la fabrique. Quelques maisons d’habitation séparent l’usine de la R.N.

Deuxième chemise : 1861 – fabrication de sucre Courboin (Frères) – Un plan.

Contient différentes pièces administratives se rapportant à «un trou à l’entrée de la fabrique», destiné à recevoir les eaux ayant servi à la fabrication de leur produit. On apprend que MM. Ducharron et Cie étaient les précédents propriétaires de la sucrerie avant M. Courboin et qu’ils ont été condamnés par le juge de paix à cause d’une mauvaise gestion des eaux usées. Contient un plan (partiel) contenant les modifications à apporter. Les lieux se trouvent à l’angle du chemin de la gare et du chemin de Pimprez.

Première chemise : 1886 – Radot et Cie demeurant à Paris, 23 rue Chauchat – Sucrerie, sucraterie, potasserie et fabrique de produits réfractaires.

Contient un dossier technique de trois pages sur les procédés employés pour extraire le sucre des mélasses. Demande d’autorisation d’installer une sucrerie et autres, dans une ancienne usine de produits chimiques, située entre le chemin de Compiègne à Pimprez et le canal latéral à l’Oise. Seul, le carbonate de baryte est autorisé pour l’extraction du sucre.

Deuxième chemise : 1894 / 1895 – Société « La sucrerie agricole » S.A. au capital de 300 000 francs – un plan. Radot et Cie.

M. Barrois, administrateur, demande à continuer l’exploitation. « La Sucrerie Agricole » succède à Radot et Cie. Implantation : entre le chemin de fer du Nord et le canal latéral à l’Oise. La demande est du 16 juin 1894.

Troisième chemise : 1928 – Société anonyme d’exploitation commerciale et industrielle – Sucrerie – siège social : Ribécourt.

Demande de réouverture de la sucrerie de Ribécourt située aux abords de la ligne de Creil à la frontière belge, le long du canal latéral à l’Oise. Rue du Pont. Des plans de très grandes dimensions sur papier bleu. Le directeur de l’époque est M. Lévol Léon. L’entreprise se situe lieu-dit « Le Poteau » ou Villamboeuf, section B du plan cadastral. La chemise contient une carte d’état major en double exemplaire (Laon S.O.) sur lesquels la sucrerie est signalée.